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oui, vous avez le droit de récupérer les données de vos patients quand vous quittez votre logiciel dentaire. Vous êtes responsable de traitement, l'éditeur n'est que votre sous-traitant : l'article 28 du RGPD lui impose de restituer ou supprimer les données en fin de contrat, à votre choix. Le nerf de la guerre se joue dans le contrat (clause de réversibilité, formats, frais) et dans la méthode de demande. Cet article détaille le droit, les pièges contractuels et la procédure pas à pas.
C'est la peur numéro un avant de changer de logiciel dentaire : « et si je perdais mes dossiers patients ? ». Vingt ans d'historiques de soins, de radios, de devis, de courriers. Des milliers de patients. Le sentiment, parfois entretenu, que tout cela est prisonnier d'un éditeur et que le quitter reviendrait à repartir de zéro.
Cette peur est compréhensible, mais elle repose sur un malentendu juridique. Les données de vos patients ne sont pas la propriété de votre éditeur. Il n'en est que le dépositaire technique, un sous-traitant au sens du RGPD, et la loi organise précisément leur restitution en fin de contrat. Ce qui bloque en pratique, ce n'est presque jamais le droit : ce sont des contrats mal relus, des exports incomplets et des demandes mal formulées.
Cet article fait le tour complet du sujet : à qui appartiennent les données, ce que le RGPD impose à votre éditeur, ce que disent vraiment les contrats, comment demander votre export étape par étape, quoi faire si l'éditeur traîne, et comment faire de la réversibilité un critère de choix de votre prochain outil.
À qui appartiennent les données patients ?
Commençons par déminer la question de la « propriété », car c'est elle qui alimente toutes les peurs. En matière de données de santé, le droit ne raisonne pas en termes de propriété mais en termes de droits et de responsabilités, réparties entre trois acteurs.
Le patient : des droits sur ses données de santé
Le patient est la personne concernée. Depuis la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades, dite loi Kouchner, il dispose d'un droit d'accès direct à son dossier médical (article L.1111-7 du Code de la santé publique) : il peut en demander communication à tout moment, sans passer par un médecin intermédiaire. Le RGPD y ajoute des droits d'accès, de rectification et, dans certaines limites, de portabilité et d'effacement.
Conséquence directe pour vous : un logiciel qui vous empêcherait d'accéder à vos dossiers vous mettrait mécaniquement en difficulté vis-à-vis de vos patients, puisque vous devez pouvoir répondre à leurs demandes d'accès dans un délai d'un mois.
Le praticien : responsable de traitement et responsable de la tenue du dossier
Vous, chirurgien-dentiste, êtes le responsable de traitement au sens du RGPD : c'est vous qui déterminez pourquoi et comment les données de vos patients sont traitées. C'est également vous qui êtes responsable de la tenue du dossier patient, une obligation déontologique et légale attachée à votre exercice, pas à votre outil informatique.
Cette responsabilité s'accompagne d'une obligation de conservation. Aucun texte ne fixe de durée unique pour les praticiens libéraux, mais l'usage professionnel, recommandé par les instances ordinales et les assureurs, est de conserver le dossier au moins 20 ans à compter de la dernière consultation, par analogie avec la règle applicable aux établissements de santé (avec des délais allongés pour les patients mineurs). Retenez l'essentiel : votre obligation de conservation survit très largement à n'importe quel contrat de logiciel. Vous devez donc, en toute hypothèse, pouvoir emporter vos données.
L'éditeur : un sous-traitant, rien de plus
Votre éditeur de logiciel, lui, n'est qu'un sous-traitant au sens de l'article 28 du RGPD : il traite les données pour votre compte, sur vos instructions, dans le cadre d'un contrat. Il n'acquiert aucun droit sur les dossiers de vos patients du fait de les héberger ou de les structurer dans sa base. Un éditeur qui laisserait entendre que « les données sont dans son système, donc chez lui » inverse la logique juridique : c'est lui qui travaille pour vous, pas l'inverse.
En résumé, les rôles se répartissent ainsi :
| Acteur | Rôle juridique | Ce qui en découle |
|---|---|---|
| Le patient | Personne concernée | Accès direct à son dossier (loi Kouchner), rectification, portabilité |
| Le praticien | Responsable de traitement | Choisit ses sous-traitants, conserve le dossier au moins 20 ans |
| L'éditeur | Sous-traitant (article 28 RGPD) | Restitue ou supprime les données en fin de contrat, au choix du cabinet |
Ce que le RGPD impose à votre éditeur
Le RGPD ne se contente pas de poser des principes : il impose un contrat écrit entre vous et chaque sous-traitant, le fameux DPA (Data Processing Agreement, ou contrat de sous-traitance), dont le contenu minimal est fixé par l'article 28. Nous l'avions déjà évoqué dans notre guide RGPD au cabinet dentaire : ce contrat est obligatoire, y compris pour un cabinet individuel.
Sur la question qui nous occupe, l'article 28 est remarquablement clair. Le contrat de sous-traitance doit prévoir qu'au terme de la prestation, le sous-traitant, au choix du responsable de traitement :
- supprime toutes les données à caractère personnel, ou
- les renvoie au responsable de traitement, et détruit les copies existantes, sauf obligation légale de conservation qui lui serait propre.
Autrement dit : la restitution de vos données en fin de contrat n'est pas une faveur commerciale de l'éditeur, c'est une exigence du RGPD, et c'est vous qui choisissez entre restitution et destruction. Un DPA qui ne prévoirait rien sur ce point serait incomplet au regard de l'article 28 ; un éditeur qui refuserait par principe la restitution se mettrait en porte-à-faux avec le règlement.
Deux précisions utiles pour garder des formulations exactes face à un éditeur de mauvaise foi :
- La portabilité de l'article 20 du RGPD est un droit du patient, pas du praticien : chaque patient peut demander à recevoir ses données dans un format structuré et lisible par machine. Votre levier à vous, praticien, c'est l'article 28 et votre contrat. Les deux convergent : un logiciel incapable d'exporter proprement ne peut satisfaire ni l'un ni l'autre.
- Le RGPD impose le principe, le contrat organise les modalités. Format précis, délai, assistance, coût éventuel : tout cela relève du DPA et des conditions générales. D'où l'importance capitale de la section suivante.
Ce que disent (vraiment) les contrats
Entre le droit et la pratique, il y a le contrat que vous avez signé, souvent rapidement, parfois il y a quinze ans. C'est lui qui déterminera si votre sortie se passe en deux semaines ou en six mois. Voici ce qu'on y trouve réellement, et ce qu'il faut vérifier.
La clause de réversibilité : la seule qui compte vraiment le jour du départ
La clause de réversibilité (parfois appelée « restitution des données » ou « fin de contrat ») organise votre sortie. Selon les éditeurs, elle peut prévoir :
- un export standard inclus dans l'abonnement, ou une prestation payante facturée au temps passé ou au forfait ;
- un format de sortie précis (export structuré documenté) ou une formule vague du type « format standard de l'éditeur », qui peut cacher un fichier propriétaire inexploitable ;
- un délai de restitution, ou aucun délai du tout ;
- une période d'accès en lecture seule après résiliation, ou une coupure sèche à la date d'échéance ;
- le sort des copies et sauvegardes (suppression certifiée, ou silence complet).
Les points à vérifier avant de signer (ou avant de partir)
Concrètement, voici la liste de contrôle à passer sur votre contrat actuel et sur tout futur contrat :
- Existence d'une clause de réversibilité : si elle est absente, exigez un avenant ou un engagement écrit avant de signer.
- Format d'export : structuré, documenté, lisible sans le logiciel d'origine (CSV, base documentée, DSIO le cas échéant, DICOM/JPEG pour l'imagerie, PDF pour les documents). Méfiez-vous des formats « maison » non documentés.
- Périmètre de l'export : dossiers administratifs ET cliniques, historiques de soins, schémas dentaires, imagerie, devis, documents signés, agenda. Un export limité aux fiches patients ne suffit pas.
- Frais : montant ou mode de calcul écrit noir sur blanc, idéalement plafonné. Un flou sur ce point se paie toujours au moment du départ.
- Délai de restitution : un délai chiffré (par exemple 30 jours après la demande), pas « dans un délai raisonnable » laissé à l'appréciation de l'éditeur.
- Assistance à la migration : l'éditeur s'engage-t-il à répondre aux questions techniques du nouvel éditeur pendant la transition ?
- Durée d'engagement et préavis : certains contrats se reconduisent tacitement pour 12 mois avec un préavis de 3 mois ; rater la fenêtre peut coûter un an d'abonnement.
- Sort des données après restitution : suppression des copies avec attestation écrite, conformément à l'article 28.
- Hébergement : où sont physiquement les données, chez quel hébergeur certifié HDS, et sous quelle juridiction ? Notre article sur l'hébergement HDS des logiciels dentaires détaille le premier point, et celui sur la souveraineté des données de santé face au Cloud Act le second.
Un conseil d'expérience : relisez ces clauses avant d'annoncer votre départ. Vous négocierez toujours mieux tant que l'éditeur croit pouvoir vous retenir.
DentalIAssist a pris le parti inverse de la rétention : une couche IA qui travaille à côté de votre logiciel métier, sans engagement de durée et avec la portabilité outillée de bout en bout. Venez vérifier par vous-même.
Demander une démo gratuiteComment demander votre export : la procédure pas à pas
Passons à la pratique. La méthode compte autant que le droit : une demande floue par téléphone se perd, une demande écrite, précise et datée, oblige.
Étape 1 : relire le contrat et cadrer le calendrier
Reprenez votre contrat, ses conditions générales et le DPA. Notez la date de fin d'engagement, le préavis, et ce qui est prévu (ou non) pour la réversibilité. Calez votre calendrier de migration vers le nouveau logiciel sur ces dates : l'idéal est de disposer de l'export complet plusieurs semaines avant la coupure de l'ancien outil.
Étape 2 : inventorier ce qui doit sortir
Listez tout ce que le logiciel contient pour votre cabinet : fiches administratives, historiques de soins et actes, schémas dentaires, radiographies et autres imageries, devis et documents signés, courriers, agenda et rendez-vous à venir. Cet inventaire recoupe tout ce qui compose un dossier patient dentaire numérique complet ; il servira de périmètre contractuel à votre demande, puis de liste de contrôle à la réception.
Pour chaque famille de données, exigez un format lisible sans le logiciel d'origine :
| Type de donnée | Format à exiger |
|---|---|
| Fiches patients et historiques de soins | Export structuré lisible (CSV, base documentée) |
| Échanges entre logiciels dentaires | DSIO le cas échéant |
| Radiographies et imagerie | DICOM ou JPEG |
| Devis, courriers, documents signés | |
| Agenda et rendez-vous | CSV ou iCalendar |
Étape 3 : envoyer une demande écrite formelle
Envoyez votre demande par lettre recommandée avec accusé de réception, doublée d'un email au support et à votre interlocuteur commercial. Voici un modèle de paragraphe dont vous pouvez vous inspirer :
« En ma qualité de responsable de traitement au sens du RGPD, je vous demande, conformément à l'article 28 du RGPD et aux stipulations de notre contrat, la restitution de l'intégralité des données de mon cabinet : dossiers patients administratifs et cliniques, historiques de soins, imagerie, devis, documents et agenda. Je vous remercie de me livrer cet export dans un format structuré, complet et lisible (export documenté de type CSV ou base de données, DSIO le cas échéant, imagerie aux formats DICOM ou JPEG, documents au format PDF), dans un délai de 30 jours à compter de la réception de la présente. Je vous remercie de me confirmer par écrit la date de livraison ainsi que les modalités de suppression des copies après restitution. »
Adaptez le délai à votre contrat s'il en prévoit un. Restez factuel et courtois : dans la grande majorité des cas, cette simple lettre suffit.
Étape 4 : contrôler l'export reçu
Ne validez jamais un export sur parole. Vérifiez sur un échantillon de dossiers, y compris des dossiers anciens et des dossiers complexes : le nombre total de patients correspond-il ? Les historiques sont-ils complets ? Les radios s'ouvrent-elles en dehors du logiciel d'origine ? Les documents signés sont-ils présents ? Toute anomalie doit être signalée par écrit tant que vous avez encore accès à l'ancien logiciel, car après la coupure, la vérification devient impossible.
Étape 5 : faire supprimer les copies et tout documenter
Une fois la migration validée dans le nouvel outil, demandez la suppression des données restantes chez l'ancien éditeur et une attestation écrite de destruction, comme l'article 28 le prévoit. Conservez l'ensemble des échanges (demande, accusés, attestation) et mettez à jour votre registre des traitements : en cas de contrôle CNIL ou de demande d'un patient, cette traçabilité vous protège.
Si l'éditeur refuse ou fait traîner
Le scénario est rare mais il existe : réponse dilatoire, devis de réversibilité manifestement dissuasif, silence complet. Gardez la tête froide et procédez par paliers.
Palier 1 : la relance écrite. Relancez par email en rappelant la date de votre demande initiale et en fixant une nouvelle échéance courte. Beaucoup de blocages sont en réalité des dossiers oubliés dans une file de support.
Palier 2 : la mise en demeure. Envoyez une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception, rappelant votre qualité de responsable de traitement, l'article 28 du RGPD, la clause de réversibilité de votre contrat le cas échéant, et votre obligation légale de conservation des dossiers. Précisez que le blocage vous empêche de répondre aux demandes d'accès de vos patients. Ce courrier, simple à rédiger, change souvent immédiatement le ton de la discussion.
Palier 3 : les recours externes. Sans réponse satisfaisante, plusieurs voies s'ouvrent, non exclusives les unes des autres :
- La CNIL : vous pouvez déposer une plainte en ligne. Le manquement d'un sous-traitant à ses obligations de l'article 28 relève de son champ de contrôle.
- La médiation : le dispositif public du Médiateur des entreprises peut être saisi gratuitement pour un différend contractuel entre votre cabinet et l'éditeur ; certains contrats désignent aussi un médiateur conventionnel.
- Votre conseil : votre avocat ou votre assurance de protection juridique peuvent prendre le relais pour une action contractuelle si le préjudice le justifie.
Deux mots de mesure pour finir : d'une part, la quasi-totalité des départs se règlent sans aucun contentieux ; d'autre part, ne retardez jamais votre migration en attendant un hypothétique bras de fer. Sécurisez d'abord ce que vous pouvez exporter vous-même depuis le logiciel (exports intégrés, impressions PDF, sauvegardes locales), en stockant ces copies de façon chiffrée comme le rappellent les bonnes pratiques de cybersécurité du cabinet dentaire, puis traitez le reliquat par la voie formelle.
La réversibilité, critère de choix n°1 de votre prochain outil
La meilleure façon de ne jamais revivre cette situation, c'est de choisir votre prochain outil en commençant par la fin : comment en sortirai-je ? Avant même de comparer les fonctionnalités dans un comparatif des logiciels dentaires ou de dérouler notre grille pour choisir un logiciel dentaire avec IA, posez ces questions en démonstration, et exigez des réponses écrites :
- « Si je pars dans deux ans, comment récupérerai-je mes données, dans quel format, en combien de temps et à quel coût ? »
- « Puis-je faire moi-même un export complet à tout moment, sans passer par votre support ? »
- « Que prévoit votre DPA sur la restitution et la suppression des données en fin de contrat ? »
- « Quelle est la durée d'engagement, et que se passe-t-il concrètement le jour où je résilie ? »
- « Où mes données sont-elles hébergées, et chez quel hébergeur certifié HDS ? »
Un éditeur sérieux répond à ces questions sans détour, parce qu'il sait que la fidélité d'un cabinet se gagne par la qualité du service, pas par la rétention des données. Un éditeur qui élude, qui renvoie « au service juridique » ou qui refuse tout engagement écrit vous donne, avant même la signature, un aperçu du jour du départ.
Chez DentalIAssist, nous appliquons ce principe à nous-mêmes : la solution fonctionne sans engagement de durée, et nous vous invitons à exiger de tout éditeur, DentalIAssist compris, un engagement écrit de restitution de vos données en fin de contrat. C'est cohérent avec notre positionnement : DentalIAssist n'est pas un logiciel de gestion qui enferme votre base patients, mais une couche d'organisation qui travaille à côté de votre logiciel métier, avec un RGPD outillé de bout en bout (portabilité, effacement, consentements versionnés) et des données de santé hébergées en France chez OVHcloud, hébergeur certifié HDS. La transparence contractuelle n'est pas un argument marketing : c'est la condition de la confiance, et elle se vérifie par écrit.
Vos données restent les vôtres, vos questions méritent des réponses écrites : posez-les nous en direct, y compris celles sur la réversibilité et l'hébergement chez OVHcloud.
Demander une démo gratuiteSources officielles
- CNIL : obligations des responsables de traitement et des sous-traitants, contrat de sous-traitance (article 28 RGPD), dépôt de plainte en ligne.
- Légifrance : RGPD, loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades (loi Kouchner), Code de la santé publique (articles L.1111-7 et L.1111-8).
- Ordre national des chirurgiens-dentistes : recommandations sur la tenue et la conservation du dossier patient.
- Agence du Numérique en Santé : certification HDS des hébergeurs de données de santé.
- Médiateur des entreprises : médiation gratuite des différends contractuels entre entreprises.
FAQ
Questions fréquentes
Puis-je récupérer mes données si je quitte mon logiciel dentaire ?
Oui, en principe. Vous êtes responsable de traitement au sens du RGPD et votre éditeur n'est qu'un sous-traitant : l'article 28 du RGPD impose que le contrat prévoie la restitution ou la suppression des données en fin de prestation, à votre choix. Vérifiez votre contrat pour connaître les modalités pratiques (format, délai, éventuels frais).
Mon éditeur peut-il facturer l'export de mes données ?
Rien n'interdit, en principe, de facturer une prestation technique de réversibilité si elle est prévue au contrat et que son coût est raisonnable. En revanche, un éditeur ne peut pas conditionner la restitution de vos données à des frais dissuasifs ou non prévus : ce serait contraire à l'esprit de l'article 28 du RGPD. Vérifiez la clause de réversibilité avant de signer, et négociez un plafond de frais si nécessaire.
Dans quel format récupérer les dossiers patients ?
Exigez un export complet dans un format structuré, lisible et exploitable : CSV ou base de données documentée pour les données administratives et cliniques, DSIO le cas échéant pour les échanges entre logiciels dentaires, DICOM ou JPEG pour l'imagerie, PDF pour les documents. Fuyez les exports propriétaires illisibles sans le logiciel d'origine.
Combien de temps dois-je conserver les dossiers de mes patients ?
L'usage professionnel est de conserver le dossier au moins 20 ans à compter de la dernière consultation, par analogie avec la règle applicable aux établissements de santé, avec des délais allongés pour les patients mineurs. C'est une raison de plus pour exiger un export complet et lisible avant de quitter un éditeur : votre obligation de conservation ne s'arrête pas avec le contrat.
Si je résilie la maintenance, puis-je continuer à utiliser mon logiciel ?
Tout dépend de votre contrat. Avec une licence perpétuelle installée au cabinet, le logiciel continue souvent de fonctionner sans mises à jour ni support, ce qui pose vite des problèmes de sécurité et de conformité. Avec un abonnement ou une solution en ligne, l'accès s'arrête généralement à la fin du contrat : anticipez l'export de vos données avant la date de résiliation.
Qu'est-ce qu'une clause de réversibilité ?
C'est la clause du contrat qui organise la fin de la relation : dans quel format vos données vous sont restituées, dans quel délai, à quel coût, avec quelle assistance, et ce que l'éditeur fait ensuite des copies (suppression certifiée). C'est le premier point à lire avant de signer avec un éditeur, et le premier à relire avant de le quitter.
Que faire si mon éditeur ne répond pas à ma demande d'export ?
Relancez par écrit, puis envoyez une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception en rappelant vos obligations de responsable de traitement et l'article 28 du RGPD. Sans réponse, vous pouvez saisir la CNIL d'une plainte, recourir à une médiation, et vous faire accompagner par votre conseil ou votre assureur en protection juridique.

