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Changer de logiciel dentaire : le guide de la migration

Changer de logiciel dentaire : le guide de la migration
Table des matières
DossierCe guide fait partie du dossier L'IA dentaire de A à ZLire le guide →
En résumé

une migration de logiciel dentaire bien préparée prend de 4 à 12 semaines, dont quelques jours seulement d'immobilisation réelle. L'essentiel des données se transfère (patients, actes, devis, documents), souvent via le format d'échange DSIO. Le point critique, c'est la reprise de données : exigez une migration test sur échantillon et un devis écrit avant de résilier quoi que ce soit.

18 h 47. Vous êtes encore au cabinet, blouse ouverte, cerveau déjà en mode "il faut juste que je finisse". Le téléphone sonne, l'assistante est au fauteuil, et vous, vous cherchez un devis en cours dans le logiciel. L'écran se fige. Message d'erreur. Demain, trois patients sont planifiés sur ce plan de traitement. Vous pensez exactement ce que vous n'aviez pas le temps de penser : "Si je change de logiciel et que je perds des dossiers, je suis coincé".

Changer de logiciel dentaire fait peur, et cette peur est le meilleur allié des éditeurs installés. Beaucoup de cabinets restent des années sur un outil qui les exaspère, uniquement parce que l'idée de déménager 15 ou 20 ans de dossiers patients paraît insurmontable. Résultat : on subit la hotline injoignable, les mises à jour facturées au cas par cas et l'interface d'un autre âge, en se disant qu'on verra plus tard.

La réalité est plus rassurante : une migration de logiciel dentaire est un projet balisé, que les éditeurs sérieux réalisent régulièrement. Bien préparée, elle se joue en quelques semaines, avec quelques jours seulement de vraie perturbation, et vos données patients vous suivent dans leur immense majorité.

Ce guide couvre le parcours complet : pourquoi les praticiens changent, ce qui se transfère réellement (et ce qui se dégrade), les 7 étapes d'une migration réussie, les délais et les coûts constatés sur le marché, les pièges contractuels, et une checklist réutilisable pour piloter votre bascule.

Pourquoi les praticiens changent de logiciel dentaire

Contrairement à une idée reçue, le prix est rarement le déclencheur. Quand on lit les retours entre confrères, les vraies raisons du divorce sont ailleurs : support, fiabilité, réversibilité, ergonomie, et capacité du logiciel à suivre la pratique actuelle.

La hotline injoignable au pire moment

C'est le motif le plus fréquent. Une télétransmission qui bloque un vendredi, une base qui ralentit un lundi matin, une mise à jour qui casse un module. Et personne au bout du fil, ou un rappel promis "sous 48 heures".

Un logiciel de gestion est un outil de production : chaque heure d'indisponibilité se paie en consultations décalées, en reprogrammations et en tension pour toute l'équipe. Quand le support devient une loterie, la confiance est rompue.

La panne de trop et la peur de perdre la base

Les installations locales sur un poste vieillissant finissent par inquiéter : sauvegardes dont on ne sait pas si elles fonctionnent vraiment, serveur du cabinet qui date, éditeur qui ne teste plus certaines configurations.

Après un crash ou une restauration laborieuse, beaucoup de praticiens décident qu'ils ne revivront pas ça. Pour remettre de l'ordre, notre guide sur la cybersécurité du cabinet dentaire détaille les erreurs classiques, et surtout ce qu'on doit exiger d'une sauvegarde : fréquence, externalisation, test de restauration.

L'obsolescence qui s'installe

Interface pensée il y a quinze ans, lenteurs, ergonomie qui oblige à cliquer pour cliquer, incompatibilités avec les nouvelles versions de Windows, réglementaire intégré avec retard. Certains logiciels historiques ne sont plus vraiment développés : ils sont maintenus.

Le problème n'est pas esthétique. Une ergonomie médiocre, c'est de la charge mentale. Et, au cabinet, la charge mentale ne se rattrape pas le soir : elle se cumule. Si ce sujet résonne côté équipe, notre article sur la charge mentale de l'assistante dentaire met des mots (et des méthodes) sur ce que vous constatez déjà.

Les coûts qui s'empilent

Ce n'est pas tant le montant de l'abonnement que la sensation de payer plusieurs fois : maintenance, modules, mises à jour, prestation dès qu'on sort du chemin standard.

Vous pouvez difficilement comparer sans devis, mais vous pouvez comparer une chose : le coût des frictions quotidiennes. J'y reviens souvent parce que c'est concret : l'addition de micro-pertes finit par dépasser largement une facture annuelle. Voir notre article sur le coût réel d'une minute perdue au cabinet dentaire.

Un rachat d'éditeur qui change la donne

Le marché se concentre. Un rachat peut signifier une fin de vie programmée du produit, une migration imposée vers une autre gamme, ou une politique contractuelle revue.

Beaucoup de cabinets préfèrent alors choisir leur destination plutôt que de la subir. Pour cadrer ce choix, notre comparatif logiciel dentaire 2026 aide à poser les critères, au-delà de la démo commerciale.

Ce qui se transfère et ce qui se perd

Presque tout se transfère, mais pas tout, et pas toujours parfaitement. La bonne posture est simple : vous partez du principe que le socle clinique et administratif doit suivre, et que les couches de confort (paramétrages, automatismes, modèles) devront être reconstruites.

Deux règles évitent 80 % des mauvaises surprises : exiger une liste de champs exportés, et valider une migration test sur un échantillon représentatif.

Ce qui se reprend bien dans la plupart des cas

  • Les identités patients : état civil, coordonnées, informations administratives. C'est le socle, et ça passe généralement bien.
  • L'historique des actes : soins réalisés, dates, éléments de facturation. Le détail dépend des logiciels, mais l'historique global est souvent conservé.
  • Les devis et plans de traitement : devis en cours et historiques, parfois repris sous forme de documents PDF (lisibles) plutôt que de devis vivants (modifiables).
  • Le schéma dentaire : transmissible, mais avec des degrés de fidélité variables.
  • Les documents : courriers, comptes rendus, consentements. Souvent repris comme fichiers rattachés.

Ce qui se dégrade ou se perd souvent

  • Les notes libres et champs personnalisés : tout ce qui a été saisi dans des zones maison trouve rarement une case équivalente.
  • Les paramétrages : modèles de courriers, grilles tarifaires, raccourcis de saisie, tableaux de bord.
  • Le lien fin entre imagerie et dossier : les images se récupèrent en général, mais le rattachement automatique à une dent, à un acte ou à un épisode précis peut sauter.
  • L'agenda : selon les outils, les rendez-vous futurs s'importent mal et doivent être ressaisis, au moins partiellement.

Pour visualiser d'un coup d'œil où placer votre vigilance :

Données Reprise Point de vigilance
Identités patients Bonne Normalisation des champs (adresses, doublons)
Historique des actes Bonne Niveau de détail variable selon les logiciels
Devis et plans de traitement Bonne Parfois repris en PDF, non modifiables
Schéma dentaire Variable Codifications différentes, fidélité inégale
Documents (PDF, scans) Bonne Arborescence, nommage, droits d'accès
Notes libres et paramétrages Faible À reconstruire dans le nouvel outil
Agenda (rendez-vous futurs) Faible à variable Souvent à ressaisir ou à vérifier un par un

DSIO et TDIO : les formats d'export, expliqués simplement

Le DSIO est un format historique d'échange de données entre logiciels dentaires en France. Concrètement, il décrit l'essentiel du dossier (identité, actes, schéma dentaire) dans un format qu'un autre logiciel sait lire.

Sa limite est très pratique : chaque éditeur l'implémente à sa façon. Deux exports DSIO ne contiennent pas forcément les mêmes champs, ni la même richesse, ni la même propreté.

Le terme TDIO désigne la transmission de ces données entre logiciels. Retenez surtout ceci : demandez à l'éditeur sortant ce que contient précisément son export, et à l'éditeur entrant ce qu'il sait réellement réimporter. L'écart entre les deux, c'est votre travail de reconstruction.

Bon réflexe : doublez l'export DSIO d'exports bruts (CSV patients, CSV actes si possible, PDF des devis, dossiers d'images). Même si tout ne se réimporte pas, vous gardez une copie lisible, indépendante d'un logiciel propriétaire. Je détaille la mécanique dans notre guide pour récupérer ses données en quittant son logiciel dentaire.

Les 7 étapes d'une migration réussie

La méthode ci-dessous n'a rien d'exotique. C'est précisément pour ça qu'elle fonctionne. Chaque étape conditionne la suivante : ne les inversez pas.

1. Auditer l'existant

Faites l'inventaire avant de parler aux éditeurs :

  • volume de dossiers actifs (par exemple, vus récemment) versus archives,
  • localisation de l'imagerie (dans le logiciel de gestion, dans un logiciel d'imagerie, sur un serveur),
  • devis en cours de signature ou en cours de traitement,
  • documents indispensables à retrouver rapidement (consentements, courriers, comptes rendus),
  • particularités de votre cabinet : multi-sites, collaborateurs, nomenclatures internes.

Cet audit devient votre cahier des charges. Il vous évite aussi de payer pour migrer des données mortes, tout en découvrant trop tard que les devis en cours n'ont pas suivi.

2. Demander l'export à l'éditeur sortant

Adressez une demande écrite : export complet au format DSIO, complété d'exports bruts. Demandez explicitement :

  • la liste des champs exportés,
  • le format de livraison,
  • le délai,
  • le coût de la prestation si elle est facturée.

Relisez votre contrat au passage : certains prévoient des frais d'export, d'autres un délai de préavis qui court déjà.

Point de méthode : ne résiliez rien à ce stade. Vous préparez votre sortie, vous ne sautez pas du bateau.

3. Obtenir un devis de reprise chez l'éditeur entrant

Le nouvel éditeur réalise (ou sous-traite) la reprise de données. Exigez un devis écrit précisant :

  • périmètre repris champ par champ,
  • traitement des doublons,
  • reprise des documents (comment, où, sous quel nom),
  • imagerie : reprise ou maintien du circuit existant,
  • délai et modalités de validation.

Un éditeur sérieux vous dira aussi ce qu'il ne reprend pas. Méfiez-vous de "on reprend tout" sans analyse de votre export.

4. Réaliser une migration test sur échantillon

C'est l'étape que les cabinets pressés sautent, et qu'ils regrettent.

Faites migrer un échantillon représentatif :

  • des patients au long historique,
  • des dossiers avec devis en cours,
  • des dossiers contenant des pièces jointes variées,
  • quelques cas compliqués (dents absentes, reprises, changements de praticien).

Vérifiez ensuite avec l'équipe, dossier par dossier, selon une grille simple : actes datés correctement, documents ouvrables, soldes cohérents, schémas dentaires compréhensibles.

Tout écart détecté ici se corrige avant la bascule. Détecté après, il se transforme en interruptions au fauteuil, et personne ne vous remerciera.

5. Basculer en période creuse

Choisissez une fermeture annuelle, un pont ou une semaine allégée.

Le jour J, votre plan doit être écrit et compris de tous :

  1. gel de la saisie dans l'ancien logiciel à une date et une heure,
  2. export final,
  3. import complet,
  4. contrôles ciblés sur les dossiers des patients des deux semaines à venir,
  5. reprise des consultations.

Prévoyez la disponibilité du support du nouvel éditeur ce jour-là. Et la formation de l'équipe doit être proche de la bascule : une formation trop tôt est oubliée, une formation trop tard est subie.

6. Faire tourner les deux logiciels en parallèle 2 à 4 semaines

Après la bascule, gardez l'ancien logiciel accessible en lecture seule pendant 2 à 4 semaines.

La règle est simple : toute la saisie se fait dans le nouveau, mais si un élément semble manquer, on vérifie dans l'ancien. Cette période transforme les anomalies de reprise en simples vérifications.

Conseil terrain : désignez une personne référente migration (souvent l'assistante coordinatrice ou la secrétaire) qui centralise les anomalies dans une liste unique. Sinon, vous aurez dix messages contradictoires, et le support aussi.

7. Archiver légalement l'ancienne base

Une fois la migration validée, ne supprimez rien.

En pratique, beaucoup de cabinets s'alignent sur 20 ans à compter de la dernière prise en charge pour la conservation du dossier, par prudence. Le point opérationnel est le plus important : dans 8 ans, vous devez être capable d'ouvrir et de relire.

Conservez donc :

  • une copie complète, datée et lisible de l'ancienne base,
  • les exports bruts (CSV, PDF, images),
  • un document interne qui dit où c'est stocké, qui a les accès, comment restaurer.

Si vous externalisez, l'hébergement conforme des données de santé n'est pas une option. Voir notre article sur l'hébergement HDS du logiciel dentaire.

Combien de temps ça dure, et combien ça coûte

Les délais réalistes

Comptez de 4 à 12 semaines entre la décision et la fin de la période de double fonctionnement.

Phase Durée typique Ce qui fait déraper
Audit et demande d'export 1 à 2 semaines Contrat introuvable, imagerie dispersée
Devis de reprise et migration test 2 à 4 semaines Export incomplet, échantillon non représentatif
Bascule et import final 1 à 3 jours Planning mal choisi, support indisponible
Double fonctionnement en parallèle 2 à 4 semaines Anomalies non centralisées, paramétrages non refaits

La variable principale, c'est souvent la réactivité de l'éditeur sortant pour livrer un export exploitable. Anticipez : demandez l'export dès que la décision est prise, même si vous finalisez encore la shortlist.

L'immobilisation réelle du cabinet se limite à la bascule : 1 à 3 jours, absorbés si vous les placez intelligemment.

Les coûts constatés sur le marché

Je reste volontairement sur des ordres de grandeur : seul un devis écrit fait foi.

  • Reprise de données : de quelques centaines à quelques milliers d'euros selon volume, profondeur de reprise (identités seules, historique complet, documents) et qualité de l'export.
  • Frais d'export côté éditeur sortant : parfois inclus, parfois facturés. À vérifier dans votre contrat.
  • Formation de l'équipe : souvent incluse, parfois facturée selon le niveau d'accompagnement.
  • Coûts cachés : le temps d'équipe pour vérifier les dossiers, reconstruire les paramétrages, ressaisir certains rendez-vous.

Au total, pour un cabinet de un à trois praticiens, le budget de migration se chiffre le plus souvent en centaines à quelques milliers d'euros (hors abonnement du nouveau logiciel). À mettre en face du coût de rester sur un outil qui ralentit tout le monde, tous les jours. Si vous voulez objectiver ce point, voir le coût de la minute perdue au cabinet dentaire.

Parenthèse utile : une couche d'orchestration administrative et de communication patient ne se migre pas comme un logiciel métier. DentalIAssist se connecte à votre logiciel de gestion actuel ou futur, sans reprise de dossiers patients à organiser.

Demander une démo gratuite

Les pièges contractuels à vérifier avant de résilier

Votre contrat contient souvent les trois clauses qui font la différence entre une migration fluide et un bras de fer. Prenez 30 minutes pour le relire avant d'envoyer quoi que ce soit.

Le préavis de résiliation

La plupart des contrats prévoient un préavis, souvent de 3 mois, parfois avec une échéance annuelle. Résilier hors fenêtre peut vous engager pour une année supplémentaire.

Faites simple :

  • identifiez la date d'échéance,
  • faites courir le préavis pendant que vous préparez l'export et la migration test,
  • envoyez la résiliation dans les formes prévues (souvent recommandé), et conservez la preuve.

Les frais d'export et de restitution

Certains contrats prévoient une prestation payante de restitution des données. D'autres sont vagues, ce qui ouvre la porte à une facturation au temps passé.

Demandez un devis écrit de l'export avant de verrouiller votre calendrier. Et rappelez, si nécessaire, que la restitution de vos données n'est pas une faveur : le RGPD impose des droits (accès, et portabilité selon les cas) et, surtout, les dossiers doivent rester accessibles au praticien responsable.

Un éditeur peut facturer une prestation technique. Il ne peut pas prendre vos données en otage. Pour les formulations et la stratégie, voir notre guide sur récupérer ses données en quittant son logiciel dentaire et le RGPD en cabinet dentaire.

La clause de réversibilité

C'est la clause qui organise votre sortie : format, délai, coût, assistance.

Si votre contrat actuel en contient une, appuyez-vous dessus. S'il n'en contient pas, retenez la leçon pour le prochain : exigez une clause écrite, un export DSIO complété d'exports bruts, un délai de restitution, et un coût plafonné. On négocie sa liberté de partir quand tout va bien, pas quand on est déjà au pied du mur.

Continuité de soins, archivage et valeur probante : le détail qui vous protège

Changer de logiciel dentaire n'est pas qu'une question de confort ou d'ergonomie. C'est aussi une question de continuité de soins et de capacité à produire une information fiable quand vous en avez besoin : urgence, reprise de traitement, contrôle, litige, expertise.

Trois points méritent d'être posés noir sur blanc avant la bascule.

1) Votre objectif n'est pas "tout réimporter", c'est "tout pouvoir relire"

Le fantasme d'une reprise parfaite, dent par dent, champ par champ, existe rarement en vrai. En revanche, vous pouvez exiger une chose très pragmatique : que l'information critique reste accessible.

Dans votre audit, classez les données en deux catégories :

  • Données de travail : celles que vous devez modifier au quotidien dans le nouveau logiciel (identités, historique d'actes, devis en cours, rendez-vous à venir).
  • Données d'archive : celles que vous devez surtout pouvoir consulter, de manière fiable, même si elles ne sont pas re-saisissables (anciens devis, correspondances, documents signés, pièces justificatives).

C'est exactement pour ça que les exports bruts (PDF, images, CSV) sont aussi importants que le DSIO : ils sécurisent la lecture future.

2) La question "qui peut accéder" se rejoue pendant la migration

Une migration, c'est des fichiers qui circulent, des accès temporaires, parfois des comptes de support créés pour un temps. Votre DPO si vous en avez un, ou à défaut votre référent RGPD, doit avoir une visibilité claire.

Quelques vérifications simples font gagner beaucoup de sérénité :

  • liste des personnes ayant eu accès aux exports,
  • canaux de transmission utilisés (évitez les échanges non maîtrisés),
  • stockage temporaire et suppression planifiée,
  • traçabilité minimale de ce qui a été livré et importé.

Sur l'organisation et la clarté d'équipe, vous pouvez aussi vous inspirer de notre article Transmissions au cabinet dentaire : fini les post-it. Une migration est un excellent test de maturité organisationnelle.

3) Documentez votre migration comme vous documentez un protocole

On documente volontiers un protocole d'hygiène. La migration mérite la même rigueur.

Conservez un dossier interne (un simple PDF suffit) avec :

  • la date et l'heure de gel de saisie dans l'ancien logiciel,
  • la date et l'heure de l'export final,
  • la liste des fichiers livrés par l'éditeur sortant,
  • la date et l'heure de l'import,
  • la liste des contrôles effectués et leur résultat,
  • l'emplacement des archives et la procédure d'accès.

Le jour où vous devez reconstituer une chronologie, vous serez content de ne pas devoir compter sur la mémoire de quelqu'un qui a quitté le cabinet.

Préparer le cabinet pour éviter la "semaine de chaos"

Ce que je vois souvent, ce n'est pas une migration qui échoue techniquement. C'est une migration qui réussit, mais qui épuise l'équipe parce que rien n'a été préparé côté cabinet.

Voici trois points qui changent la vie.

Clarifier qui fait quoi (et qui valide)

Une migration sans rôles clairs finit en phrases du type : "je croyais que c'était fait".

  • Référent fonctionnel : souvent l'assistante ou la secrétaire qui connaît les cas tordus, centralise les anomalies et tient la checklist.
  • Référent clinique : le praticien qui valide que les éléments utiles au soin sont là (schéma, antécédents saisis dans les bons champs, documents retrouvables).
  • Référent technique : côté éditeur entrant, la personne qui exécute la reprise et corrige.

Prévoir une règle simple sur les rendez-vous en cours

Pendant la période de migration, ce qui pose problème, ce sont les patients au milieu : devis en cours, plan de traitement phasé, rendez-vous déjà posés.

Décidez en amont :

  • les rendez-vous futurs sont-ils importés, ou ressaisis à la main à partir d'une date ?
  • quel document fait foi si un devis migré diffère ? (souvent le PDF archivé)
  • qui tranche en cas d'ambiguïté, et en combien de temps ?

Si votre sujet du moment est plutôt l'agenda que le logiciel métier, vous aurez aussi intérêt à lire Agenda dentiste en ligne : bien choisir son agenda de cabinet dentaire et Planning du cabinet dentaire : le remplir intelligemment.

Mettre la sécurité au bon niveau pendant la bascule

Pendant une migration, on manipule des exports, des clés, des accès temporaires, parfois des supports amovibles. C'est un moment à risque.

Sans tomber dans la paranoïa, imposez quelques règles :

  • éviter les supports non chiffrés,
  • limiter le nombre de personnes qui ont les fichiers,
  • documenter où sont stockés exports et archives,
  • vérifier que l'hébergement du nouvel environnement respecte les exigences applicables aux données de santé.

Sur ce point, notre article Données de santé : hébergeur français ou américain ? aide à poser les bonnes questions (et à éviter les réponses floues).

Checklist de migration

À copier-coller dans votre outil de suivi.

Avant de s'engager

  • Relire le contrat actuel : préavis, reconduction, frais d'export, clause de réversibilité
  • Auditer l'existant : dossiers actifs, historique, imagerie, devis en cours, documents
  • Demander par écrit l'export complet (DSIO + exports bruts) à l'éditeur sortant
  • Obtenir le devis de reprise détaillé de l'éditeur entrant (périmètre champ par champ)
  • Vérifier l'hébergement du nouveau logiciel (hébergeur certifié HDS)

Avant la bascule

  • Valider la migration test sur un échantillon de dossiers représentatifs
  • Corriger les écarts détectés (avec l'éditeur entrant) et refaire un test si besoin
  • Planifier la bascule sur une période creuse et bloquer l'agenda en conséquence
  • Former l'équipe sur le nouveau logiciel dans la semaine qui précède
  • Envoyer la résiliation dans les formes prévues au contrat

Le jour J et après

  • Geler la saisie dans l'ancien logiciel à une date et une heure annoncées à l'équipe
  • Lancer l'export final puis l'import complet, avec le support du nouvel éditeur joignable
  • Contrôler les dossiers des patients des deux prochaines semaines
  • Maintenir l'ancien logiciel en lecture seule pendant 2 à 4 semaines
  • Reconstruire les paramétrages : modèles, grilles tarifaires, raccourcis
  • Archiver l'ancienne base et les exports bruts sur un support sécurisé, et documenter l'emplacement
  • Confirmer la fin du contrat sortant et la suppression des accès de l'ancien éditeur

Et les couches IA dans tout ça ?

Tout ce qui précède concerne le logiciel de gestion (dossier, facturation, télétransmission). Les couches d'orchestration et d'assistance administrative, elles, ne se remplacent pas de la même façon.

DentalIAssist n'est pas un dispositif médical et pas un outil d'aide à la décision clinique. Nous structurons, mettons en forme, transcrivons et restituons des informations, sans diagnostiquer, sans interpréter d'examen, sans recommander d'acte. Le praticien décide.

DentalIAssist n'a pas vocation à remplacer votre logiciel métier : c'est un logiciel d'orchestration administrative et de communication patient qui s'ajoute à votre existant et se connecte à votre logiciel de gestion.

Conséquence pratique : vous n'avez pas de reprise de base à organiser pour DentalIAssist. Et côté patient, point important : aucune donnée de santé ne transite en pièce jointe d'un email. Les documents et synthèses sont mis à disposition dans un espace patient sécurisé. Les rappels de rendez-vous se font par email. Le SMS n'intervient que dans le cas "appel manqué" avec un lien vers un questionnaire.

Si vous êtes en réflexion plus large sur la place de l'IA dans un cabinet, je vous recommande aussi :

Si votre sujet est de réduire la charge administrative sans changer de logiciel métier, DentalIAssist se connecte à votre environnement actuel et s'appuie sur un hébergement HDS assuré par OVHcloud. Venez le voir tourner sur votre propre organisation.

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Sources officielles

FAQ

Questions fréquentes

Combien de temps dure une migration de logiciel dentaire en cabinet ?

Une migration de logiciel dentaire se pilote rarement en moins d'un mois. Entre l'audit, la demande d'export, la migration test, la bascule puis 2 à 4 semaines de double fonctionnement, comptez le plus souvent 4 à 12 semaines. La durée dépend surtout des délais de l'éditeur sortant et de la disponibilité de l'équipe pour valider l'échantillon.

Quelles données sont réellement reprises quand on change de logiciel dentaire ?

Les identités patients, l'historique d'actes, une partie des devis et les documents se reprennent généralement bien. En revanche, les notes libres, champs personnalisés, paramétrages et une partie des liens fins (imagerie, agenda, dent par dent) se dégradent souvent. La migration test sur échantillon et la liste des champs repris sont indispensables avant toute résiliation.

Mon éditeur peut-il refuser de me restituer mes données, ou ralentir la migration ?

Un refus de restitution est difficilement défendable au regard du RGPD (droit d'accès, et portabilité selon les cas) et des attentes de réversibilité pour des données de santé. En pratique, certains éditeurs facturent l'export et peuvent allonger les délais. Protégez-vous avec une demande écrite, un calendrier, et une clause de réversibilité claire au contrat.

DSIO et TDIO : à quoi servent-ils lors d'une migration de logiciel dentaire ?

Le DSIO est un format historique d'échange de données entre logiciels dentaires en France. Il facilite la reprise des dossiers (identité, actes, schéma) sans tout ressaisir. TDIO renvoie à la transmission entre systèmes. Le point clé reste la réalité terrain : demandez ce qui est exporté champ par champ et ce qui est réellement réimporté par l'éditeur entrant.

Que faut-il conserver après la migration, et combien de temps ?

Après la bascule, conservez une copie complète et lisible de l'ancienne base, plus les exports bruts (PDF, CSV, images), sur un support sécurisé, avec une procédure d'accès documentée. En cabinet, beaucoup s'alignent par prudence sur 20 ans à compter de la dernière prise en charge. L'enjeu est opérationnel : pouvoir relire un dossier sans dépendre d'un logiciel devenu inutilisable.

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