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Chiffres clés du cabinet dentaire en France 2026

Chiffres clés du cabinet dentaire en France 2026
Table des matières
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En résumé

Au 1er janvier 2026, la France compte 48 700 chirurgiens-dentistes en activité, dont 51 % de femmes, une première. Le cabinet individuel a été remplacé par le groupe en une décennie (44 % à 21 %). Les honoraires moyens atteignent 325 071 € par praticien, à ne surtout pas confondre avec le revenu, qui s'établit à 119 452 €. Le reste à charge dentaire a reculé à 15,5 % grâce au 100 % santé, mais les inégalités territoriales, elles, se sont creusées. Chaque chiffre de cette page est daté, attribué et lié à sa source.

Comment lire ces chiffres, avant de les citer

Trois organismes publient « le nombre de dentistes en France » et donnent trois résultats différents. Ce n'est pas une contradiction, ce sont trois périmètres :

Source Périmètre Chiffre
DREES (répertoire RPPS) Tous les chirurgiens-dentistes en activité, libéraux et salariés 48 700 (2026)
Assurance Maladie (data.ameli) Uniquement les libéraux conventionnés 39 126 (2024)
Eurostat Périmètre européen harmonisé 46 545 (2023)

La même prudence vaut pour la densité : 71 praticiens pour 100 000 habitants tous modes d'exercice confondus, mais 57,0 si l'on ne compte que les libéraux. Citer l'un pour l'autre est l'erreur la plus répandue dans les articles sur le sujet. Nous précisons systématiquement le périmètre ci-dessous.

1. Une profession qui grandit et qui a changé de visage

Indicateur Valeur Année Source
Chirurgiens-dentistes en activité 48 700 1er janv. 2026 DREES
Évolution sur un an +2,2 % 2025 → 2026 DREES
Évolution depuis 2012 +20,3 % 2012 → 2026 DREES
Âge moyen 43,9 ans 1er janv. 2026 DREES
Âge moyen en 2012 48,4 ans 1er janv. 2012 DREES
Part de femmes 51 % 1er janv. 2026 DREES
Part de femmes en 2012 39 % 1er janv. 2012 DREES

Deux basculements se lisent dans ce tableau. Le premier est démographique : la profession a rajeuni de quatre ans et demi en quatorze ans, ce qui est rare parmi les professions de santé. Le second est historique : la parité a été franchie entre 2025 et 2026. Les femmes étaient 39 % en 2012, elles sont majoritaires en 2026.

Le mode d'exercice suit le même mouvement. Près des trois quarts des praticiens exercent en libéral exclusif, 8 % en exercice mixte et 17 % en salariat exclusif. Mais chez les moins de 35 ans, le salariat atteint 27 %, contre 13 % en 2012 : la génération qui arrive n'entre plus dans le métier par la même porte.

Sources : DREES, effectifs des professionnels de santé au 1er janvier 2026 et DREES, démographie 2025.

2. Le cabinet individuel a presque disparu

C'est la statistique la plus spectaculaire du dossier, et la moins commentée.

Mode d'exercice 2012 2026
Cabinet de groupe 46 % 60 %
Cabinet individuel 44 % 21 %
Centre de santé 7 % 16 %

En quatorze ans, l'exercice individuel a été divisé par deux, absorbé par le groupe et par les centres de santé. Chez les seuls libéraux, 74 % exercent aujourd'hui en cabinet de groupe. Le nombre de centres de santé dentaires est passé de 896 en 2020 à 1 252 en 2023, selon le Sénat.

Cette bascule a une conséquence directe sur l'organisation quotidienne : un cabinet de groupe partage un agenda, des salles, des équipements et une équipe. Ce que gérait un praticien seul dans sa tête devient une coordination à plusieurs, ce qui explique une bonne part de la charge administrative que subissent les cabinets.

Sources : DREES 2026 et Sénat, rapport n° 84 (2025-2026).

3. Les inégalités territoriales se creusent, malgré la hausse des effectifs

C'est le chiffre contre-intuitif de l'année. Alors que le nombre de praticiens augmente, l'accès aux soins recule là où il était déjà le plus faible.

L'accessibilité potentielle localisée (APL) mesure, pour un habitant donné, l'offre réellement disponible autour de lui, en équivalents temps plein pour 100 000 habitants.

Indicateur APL 2021 2023
Moyenne nationale 59,0 60,6
10 % des territoires les moins bien dotés 15,3 14,6
Écart décile le mieux doté / le moins bien doté 7,3 fois 7,8 fois

La moyenne progresse, le bas du classement recule, l'écart s'élargit. Les densités départementales le confirment, chez les libéraux conventionnés en 2024 : Paris à 106,0 pour 100 000 habitants, les Alpes-Maritimes à 99,7, contre la Creuse à 24,5 (28 praticiens en tout) et Mayotte à 3,6 (12 praticiens).

À titre de comparaison, le Sénat rappelle que la Norvège compte environ 93 praticiens pour 100 000 habitants, là où la France en est à près de 71.

Sources : DREES, accessibilité aux soins de premier recours, Sénat rapport n° 84, Assurance Maladie, effectifs et densités.

4. Le cabinet type : trois personnes, et un quart de l'équipe qui change chaque année

Indicateur Valeur Année
Cabinets dentaires employeurs 23 720 2023
Salariés de la branche 69 200 2023
Salariés par cabinet, en moyenne 2,9 2023
Cabinets de moins de 10 salariés 96 % 2023
Cabinets de 1 à 2 salariés 81,5 % 2023
Part de femmes dans la branche 92 % 2023
Turnover annuel 24 % 2023
Indicateur de tension au recrutement 82 (santé : 79, économie : 70) 2023

Les assistantes dentaires représentent 59 % des salariés de la branche, devant les secrétaires (14 %) et les dentistes salariés (10 %). Leur nombre a explosé : 6 005 en 2013, 17 373 en 2023.

Le chiffre à retenir est le turnover. 24 % par an dans des structures de 2,9 personnes signifie qu'un cabinet type remplace près d'un membre de son équipe tous les dix-huit mois. Chaque départ emporte avec lui la connaissance des patients, des habitudes du praticien et des cas en cours : c'est exactement ce que coûte l'absence de transmissions structurées, et une des raisons pour lesquelles recruter et fidéliser une assistante est devenu un sujet stratégique.

Sources : APCDL, rapport de branche 2025, OMPL, baromètre 2024, Sénat rapport n° 84.

5. Honoraires et revenus : la confusion à ne pas faire

C'est l'erreur la plus fréquente dans la presse et sur les sites d'éditeurs de logiciels. Les honoraires ne sont pas un revenu.

Indicateur Valeur Année Source
Honoraires moyens par praticien libéral 325 071 € 2024 Assurance Maladie
dont honoraires sans dépassement 164 845 € 2024 Assurance Maladie
dont dépassements 160 226 € 2024 Assurance Maladie
Honoraires moyens 2023 322 160 € 2023 Assurance Maladie
Honoraires moyens 2022 314 597 € 2022 Assurance Maladie
Revenu moyen (bénéfice fiscal) 119 452 € (−2,31 %) 2024 CARCDSF
Revenu médian 94 154 € (−3,60 %) 2024 CARCDSF
Assiette moyenne déclarée 106 635 € 2025 CARCDSF

L'écart entre 325 071 € encaissés et 119 452 € de bénéfice représente un facteur 2,7 : loyer, personnel, laboratoire de prothèse, matériel, charges sociales. Un article qui présente les 325 071 € comme un « salaire de dentiste » se trompe de deux tiers.

Deuxième particularité du dentaire : les dépassements représentent environ 49 % des honoraires, parce que la prothèse relève d'honoraires libres. Aucune autre profession de santé n'a une structure comparable.

Et la tendance récente n'est pas à la hausse : le revenu moyen baisse de 2,31 % et le revenu médian de 3,60 % sur 2024, alors même que les effectifs progressent.

Sources : Assurance Maladie, honoraires, CARCDSF, chiffres clés, L'Information Dentaire, revenus 2024.

6. Les patients : 849 par praticien, et un renoncement qui reste deux fois plus élevé qu'ailleurs

Indicateur Valeur Année
Patients uniques par dentiste libéral 849 2024
Patients uniques, orthodontistes 1 150 2024
Population déclarant un besoin de soins dentaires 79 % 2022
Population y ayant eu recours 70 % 2022
Renoncement aux soins dentaires, toutes raisons 9 % 2022
Renoncement pour raisons financières 5,1 % 2022
dont 20 % les plus modestes 10,0 % 2022
Renoncement aux soins médicaux, pour comparaison 2,0 % 2022

Le renoncement dentaire pour raisons financières est 2,5 fois supérieur au renoncement aux soins médicaux, et il double chez les ménages les plus modestes. Chez les personnes handicapées de 16 à 64 ans, 84 % expriment un besoin, 65 % ont recours, 19 % renoncent.

Côté financement, la dépense de soins dentaires en cabinet libéral atteint 13,2 milliards d'euros en 2024 (+2,3 %), dont 42 % de prothèses. Le 100 % santé a produit un effet mesurable :

Reste à charge des ménages sur les soins dentaires Année
18,8 % 2019
15,8 % 2021
15,5 % 2024

Le dentaire garde une singularité : ce sont les complémentaires qui financent le plus (48,5 %), devant la Sécurité sociale (36,1 %). C'est une inversion qu'on ne retrouve dans aucun autre poste de soins.

Sources : Assurance Maladie, patientèle, DREES, recours aux soins, DREES, Comptes de la santé, fiche soins dentaires.

7. Le temps, et les rendez-vous qui ne viennent pas

Il n'existe aucune enquête nationale récente sur le temps de travail des chirurgiens-dentistes. La seule mesure documentée est régionale : l'enquête de l'ORS Nouvelle-Aquitaine pour l'URPS, menée en 2022 auprès de 1 071 praticiens (34 % de répondants).

Elle indique que plus de la moitié des praticiens passent plus de 35 heures par semaine au fauteuil, et jusqu'à 5 heures hebdomadaires en activités hors fauteuil. 45 % travaillent 4 à 4,5 jours par semaine, et 81 % des cabinets emploient un salarié au secrétariat.

Sur les rendez-vous non honorés, la meilleure donnée disponible est celle de Doctolib, en juin 2024 :

Spécialité Taux de rendez-vous non honorés
Chirurgiens-dentistes 4,7 %
Médecins spécialistes 3,1 %
Médecins généralistes et pédiatres 2,6 %
Radiologues 1,9 %
Kinésithérapeutes 1,5 %
Toutes spécialités 3,3 %

Le dentaire est la spécialité la plus touchée de toutes celles mesurées. Le taux était de 6,2 % en février 2023, il monte à 7,4 % pour les nouveaux patients, et 51 % des annulations dentaires interviennent moins de 48 heures avant le rendez-vous.

Deux précautions honnêtes sur ce chiffre. D'abord, il vient d'une source privée, pas d'un institut public. Ensuite, il est mesuré sur des agendas de praticiens équipés Doctolib, donc de cabinets qui envoient déjà des rappels automatiques : le taux réel de la profession est vraisemblablement plus élevé. Nous détaillons les leviers dans notre guide sur la réduction du no-show au cabinet dentaire.

Un mot enfin sur le chiffre des « 27 millions de consultations non honorées par an » que l'on lit partout. Il provient d'un communiqué conjoint de l'Académie nationale de médecine et du Conseil national de l'Ordre des médecins, qui extrapole à partir d'enquêtes non nommées, sans échantillon ni protocole publiés. Ce n'est pas une mesure. Nous ne le reprenons pas.

Sources : ORS Nouvelle-Aquitaine / URPS chirurgiens-dentistes, Doctolib, statistiques rendez-vous non honorés, juillet 2024.

8. Le numérique de santé, côté patient, est désormais massif

Indicateur Valeur Année
Profils Mon espace santé activés 24 millions 2025
Part de la population concernée près de 97 % 2026
Documents déposés plus de 420 millions (+40 %) 2025
Professionnels de ville contributeurs près de 150 000 2025
Français ayant reçu au moins un document dans l'année 70 % 2025

Autrement dit, le patient dispose désormais d'un espace numérique de santé, et il s'en sert. Le cabinet, lui, reste largement en retard sur ce point : il n'existe aucune statistique publique fiable sur l'équipement numérique des cabinets dentaires français, ni sur leur adoption de l'IA. C'est un angle mort documentaire que nous signalons plutôt que de le combler avec des chiffres d'éditeurs.

Source : Assurance Maladie, Mon espace santé, bilan janvier 2026.

Ce que ces chiffres ne disent pas

Par honnêteté méthodologique, voici ce que nous n'avons pas pu documenter avec une source primaire, et que nous n'inventons donc pas :

  • Le nombre total de cabinets dentaires en France. Seuls les cabinets employeurs sont dénombrés (23 720). Les praticiens exerçant sans salarié ne sont comptés nulle part.
  • Le nombre moyen d'assistantes par cabinet. On connaît le nombre de salariés par cabinet et la part d'assistantes dans la branche, mais aucune source ne publie le ratio directement.
  • Le taux d'équipement numérique des cabinets (radiologie numérique, empreinte optique, CFAO). Aucune source institutionnelle française n'existe sur ce point.
  • Le taux d'adoption de l'IA par les chirurgiens-dentistes français, qu'aucune enquête publique n'isole aujourd'hui.
  • Le temps administratif national par praticien. Seule une enquête régionale de 2022 existe.

Méthodologie

Tous les chiffres de cette page proviennent de sources primaires, institutionnelles ou de branche, citées avec leur année de référence et un lien direct : DREES, Assurance Maladie (data.ameli), CARCDSF, Sénat, APCDL, OMPL, ORS Nouvelle-Aquitaine, Eurostat, Doctolib. Aucun chiffre n'a été recalculé, arrondi ou déduit d'un autre. Lorsque deux sources donnent des valeurs différentes, les deux sont présentées avec leur périmètre.

Page mise à jour le 9 septembre 2026. Vous pouvez citer ces données librement, avec un lien vers cette page.


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FAQ

Questions fréquentes

Combien y a-t-il de chirurgiens-dentistes en France en 2026 ?

48 700 chirurgiens-dentistes sont en activité au 1er janvier 2026, en hausse de 2,2 % sur un an et de 20,3 % depuis 2012 (DREES). Ce chiffre couvre les libéraux et les salariés. Si l'on ne compte que les libéraux conventionnés, l'Assurance Maladie en recense 39 126 en 2024. Les deux chiffres sont exacts, ils ne mesurent simplement pas la même chose.

Quel est le revenu moyen d'un chirurgien-dentiste ?

Le revenu moyen (bénéfice fiscal avant déduction Madelin) s'établit à 119 452 € en 2024, en baisse de 2,31 %, pour un revenu médian de 94 154 € (CARCDSF). À ne pas confondre avec les honoraires moyens de 325 071 € publiés par l'Assurance Maladie : ce sont des encaissements bruts, avant charges de cabinet, personnel, laboratoire et matériel.

Y a-t-il plus de femmes que d'hommes chirurgiens-dentistes ?

Oui, depuis peu. Les femmes représentent 51 % des chirurgiens-dentistes en activité au 1er janvier 2026, contre 39 % début 2012 (DREES). La parité a été franchie entre 2025 et 2026. Chez les seuls libéraux conventionnés, la part de femmes est de 48 % en 2024 (Assurance Maladie).

Combien de patients suit un chirurgien-dentiste par an ?

Un chirurgien-dentiste libéral suit en moyenne 849 patients uniques en 2024, un chiffre en progression régulière depuis 2021 (826 patients). Pour les orthodontistes, la moyenne monte à 1 150 patients (Assurance Maladie, data.ameli).

Quel est le taux de rendez-vous non honorés en dentaire ?

4,7 % en juin 2024 selon Doctolib, contre 6,2 % en février 2023. Le dentaire reste la spécialité la plus touchée de toutes celles mesurées, devant les médecins spécialistes (3,1 %) et les généralistes (2,6 %). Attention : il s'agit de données issues des agendas de praticiens équipés Doctolib, donc de cabinets qui envoient déjà des rappels automatiques. Le taux réel de la profession est probablement supérieur.

Combien de salariés compte un cabinet dentaire en moyenne ?

2,9 salariés en moyenne, sur 23 720 cabinets employeurs et 69 200 salariés dans la branche en 2023 (APCDL). 96 % des cabinets emploient moins de 10 salariés et 81,5 % emploient une ou deux personnes. Les assistantes dentaires représentent 59 % des effectifs salariés.

Le reste à charge dentaire a-t-il baissé avec le 100 % santé ?

Oui. Le reste à charge des ménages sur les soins dentaires est passé de 18,8 % en 2019 à 15,5 % en 2024 (DREES, Comptes de la santé). Le dentaire garde une particularité : les complémentaires y financent 48,5 % de la dépense, plus que la Sécurité sociale (36,1 %).

Les inégalités d'accès aux soins dentaires se réduisent-elles ?

Non, elles se creusent. L'accessibilité potentielle localisée moyenne est passée de 59,0 à 60,6 équivalents temps plein pour 100 000 habitants entre 2021 et 2023, mais les 10 % de territoires les moins bien dotés ont reculé de 15,3 à 14,6 ETP. L'écart entre le décile le mieux doté et le moins bien doté est passé de 7,3 à 7,8 (DREES, DGOS).

Quel est le turnover dans les cabinets dentaires ?

24 % par an en 2023 (APCDL). Dans une branche où le cabinet moyen compte 2,9 salariés, cela signifie qu'un cabinet type remplace près d'une personne tous les dix-huit mois. L'indicateur de tension au recrutement atteint 82 pour les cabinets dentaires, contre 79 pour le secteur santé et 70 pour l'ensemble de l'économie.

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